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Pour la première fois de l’histoire, le Liban impose le visa aux Syriens

Les visas d’entrée au Liban sont les premiers dans l’histoire avec la Syrie, dont les ressortissants avaient toujours librement traversé la frontière depuis leur indépendance dans les années 1940. Six catégories de visas et deux catégories de permis de séjour sont octroyées à la frontière. Depuis le début du conflit en Syrie il y a près de quatre ans, plus de 1,1 million de Syriens ont trouvé refuge au Liban, pays de 4 millions d’habitants, selon le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Ce chiffre est probablement supérieur, car de nombreux Syriens ne seraient pas enregistrés.

1479. Pour la première fois de l'histoire,  le Liban impose le visa aux Syriens

Depuis le début du conflit en Syrie, plus de 1,1 million de Syriens ont trouvé refuge au Liban, pays de quatre millions d’habitants. Ph. AFP.

Cet afflux de réfugiés met à rude épreuve les fragiles infrastructures et l’opinion publique libanaise, notamment avec la dégradation de la sécurité dans des zones comme Aarsal, ville frontalière de l’est du pays abritant des dizaines de milliers de réfugiés. Le gouvernement libanais tire la sonnette d’alarme depuis des mois, en avertissant la communauté internationale qu’il ne parvient plus à faire face à l’arrivée massive de Syriens.

«Nous n’expulserons personne»

En octobre, M. Derbas avait déclaré sans ambages que son pays «ne reçoit plus officiellement les déplacés syriens», sauf exceptionnellement pour «des raisons humanitaires». «Nous respectons nos obligations internationales, nous n’expulserons personne et il y a aura des exceptions humanitaire», a souligné Khalil Jebara, conseiller du ministre de l’Intérieur libanais. «Mais il est grand temps de réguler l’entrée des Syriens», a-t-il ajouté. «Leur présence entraîne un lourd fardeau sécuritaire, économique et social, une pression que les infrastructures ne peuvent plus supporter». Selon Lina Khatib, du Centre de recherche Carnegie pour le Moyen-Orient, la création de visas est la conséquence de l’échec du Liban à mettre en place une politique de gestions des réfugiés dès le début du conflit.

La polarisation du Liban entre les partisans du régime syrien, dont le puissant mouvement chiite Hezbollah, et ceux de la rébellion syrienne, complique tout consensus sur le sort des réfugiés. L’instauration de visas a été prise par les hommes politiques «uniquement pour satisfaire les électeurs mécontents de l’impact des réfugiés sur le pays», estime-t-elle. Le fragile équilibre confessionnel du pays est également en jeu, la plupart des réfugiés syriens étant des musulmans sunnites, tout comme l’étaient les Palestiniens. Les restrictions d’entrée au Liban rendent encore plus difficile pour les Syriens de fuir les violences qui ont fait plus de 200.000 morts depuis mars 2011. Quelque 3,2 millions d’entre eux se sont déjà réfugiés dans les pays voisins, comme la Turquie et la Jordanie, dans des conditions de plus en plus précaires.

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Source: lematin.ma

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Esta entrada fue publicada en 13/01/2015 por .
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